Robinhood a dégagé un bénéfice ajusté de 48 cents par action au deuxième trimestre, contre 44 cents attendus. Le résultat montre que le trading de détail est resté actif dans une période de volatilité alimentée par le conflit américano-iranien, les anticipations d’inflation et l’incertitude sur la trajectoire des taux de la Réserve fédérale.
Les revenus transactionnels ont augmenté de 44 % sur un an à 776 millions de dollars. Les actions et les options ont contribué à la hausse, tandis que les contrats événementiels ont généré 156 millions, installant les marchés prédictifs comme une activité significative plutôt qu’un simple produit d’engagement.
La composition évolue rapidement. L’intérêt pour ces contrats avait bondi pendant l’élection présidentielle américaine de 2024, mais le trimestre indique que le format peut retenir les clients au-delà d’un seul cycle politique. La direction a signalé des records de transactions sur les actions, les options et les marchés prédictifs.
Cette expansion procure aussi à Robinhood un nouveau canal d’acquisition. Les contrats événementiels peuvent attirer des personnes qui ne commencent pas par les actions ou les cryptomonnaies, avant de leur proposer dépôts, abonnements et autres services financiers. Ce potentiel de vente croisée fonde la valeur stratégique de la catégorie.
Les cryptomonnaies ont suivi la direction opposée. Le revenu transactionnel crypto a chuté de 38 % à 100 millions de dollars, sous l’effet de prix plus faibles, d’une volatilité persistante et de l’intérêt pour les actifs liés à l’intelligence artificielle. Cette baisse rend la diversification plus importante, même si la crypto reste associée à l’identité de Robinhood.
Le trimestre ne se résume pas aux marchés prédictifs. Revenus transactionnels, produit net d’intérêt, dépôts, abonnements et maîtrise des dépenses ont simultanément dépassé les attentes, ce qui réduit la dépendance à une seule classe d’actifs volatile.
Les investisseurs ont néanmoins conservé des exigences élevées. L’action a reculé de 0,8 % après la clôture et perdait 20,6 % depuis le début de l’année. Après sa forte hausse antérieure, la combinaison d’attentes élevées et d’un modèle de revenus en transition laisse peu de tolérance à un ralentissement.
Le prochain test sera la capacité des contrats événementiels à durer hors des grandes élections et à conduire vers une utilisation récurrente de l’ensemble de la plateforme. La direction devra aussi maintenir les gains des actions, options et abonnements sans hausse substantielle des dépenses.