Amundi a attiré 24,4 milliards d’euros de collecte nette au deuxième trimestre, plus du double des attentes, grâce aux produits indiciels et obligataires. Le bénéfice net ajusté a progressé de 29 % à un record trimestriel de 431 millions d’euros, contre un consensus de 375 millions.
Les encours ont augmenté de 14 % sur un an pour atteindre 2 580 milliards d’euros fin juin. Les flux clients n’expliquent qu’une partie de la hausse : les effets de marché et de change, ainsi que la première consolidation du gestionnaire britannique de crédit privé ICG, ont également accru le total.
Le mix est important car la gestion passive et les obligations constituent des terrains centraux de concurrence mondiale. Amundi a aussi maintenu la collecte de détail via des distributeurs tiers, un canal distinct des mandats institutionnels et de son réseau direct.
L’échelle est à la fois un avantage et une limite. Amundi est le premier gestionnaire basé en Europe, mais ses 2 580 milliards d’euros restent inférieurs aux plateformes américaines BlackRock et Vanguard, qui disputent les flux européens avec des gammes indicielle et une distribution mondiales.
La cotation de la coentreprise indienne SBI Funds Management a ajouté un événement de capital séparé. L’entreprise a été valorisée à plus de 10 milliards d’euros lors de son introduction, et Amundi prévoit environ 300 millions d’euros de plus-value au troisième trimestre.
L’opération donne une valeur de marché visible à un partenariat asiatique ancien sans supprimer l’exposition stratégique à l’Inde. Elle fournit aussi une référence pour des participations de distribution dont la valeur n’apparaît pas entièrement dans les bénéfices récurrents de la maison mère européenne.
La directrice générale Valérie Baudson a toutefois averti que les valorisations sont objectivement élevées. Les commissions dépendant en partie des marchés, une correction pourrait réduire encours et revenus malgré une bonne rétention. Les mouvements de devises pourraient également inverser une partie du soutien trimestriel.
Le test du second semestre sera double : préserver la collecte organique dans le passif, l’obligataire et le détail, puis intégrer ICG sans laisser les marchés records masquer l’exécution. La plus-value SBI renforcera les comptes, mais la performance récurrente dépendra des flux et des marges après cet élément exceptionnel.