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Des États africains intègrent actifs publics, capitaux de retraite et transformation locale à leur stratégie d’investissement

La promesse du Nigeria de coter sa compagnie pétrolière publique, la première clôture de 3 milliards de rands du fonds hydrogène sud-africain et l’exigence namibienne de transformer localement les minerais critiques montrent des gouvernements qui veulent fixer les conditions du capital. Les risques d’exécution demeurent : aucun calendrier d’IPO au Nigeria, un fonds à quadrupler et des usines encore à financer en Namibie.

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Plusieurs gouvernements africains cherchent à convertir actifs publics, épargne nationale et politique minière en pouvoir de négociation face aux investisseurs. Le Nigeria a formulé la promesse la plus lourde de conséquences : le président Bola Tinubu a déclaré que Nigerian National Petroleum Company Limited serait réformée et cotée au Nigerian Exchange. Aucune date, part cédée ni structure n’a été annoncée ; il s’agit donc d’un engagement politique, pas d’une introduction en Bourse programmée.

Cette promesse intervient après une forte expansion du marché actions nigérian. Nigerian Exchange Group a indiqué à la présidence que la valeur des titres cotés était passée d’un peu moins de 30 000 milliards de nairas en 2023 à environ 160 000 milliards, tandis que l’All-Share Index progressait d’environ 52 000 à 244 000 points. La Bourse vise près de 230 000 milliards de nairas à la fin de l’année si les cotations attendues se réalisent. Dans l’économie quotidienne, toutefois, les stations-service n’avaient pas encore répercuté la baisse du prix dépôt de l’essence décidée par Dangote, de 1 215 à 1 165 nairas le litre.

L’Afrique du Sud mobilise capitaux de retraite et de développement autour d’une autre proposition soutenue par l’État. Le fonds d’hydrogène vert SA-H2 a réalisé une première clôture de 3 milliards de rands, environ 182 millions de dollars, avec des engagements de Global Gateway de la Commission européenne, Invest International, Public Investment Corporation pour le Government Employees Pension Fund, Sanlam Life Insurance et Industrial Development Corporation. Le véhicule vise 12 milliards de rands d’ici mi-2028.

Le fonds a déjà engagé 20 millions de dollars dans le projet d’ammoniac vert Hive Hydrogen à Coega, dans le Cap-Oriental, et jusqu’à 4 millions dans un producteur de carburants du Gauteng. Il s’agit d’engagements initiaux, pas de la preuve que la filière exportatrice d’hydrogène opère déjà à grande échelle. Atteindre la clôture finale exigera 9 milliards de rands supplémentaires et des projets capables de passer du développement à la construction puis à des ventes contractées.

La Namibie recherche environ 250 millions de dollars pour la décarbonation industrielle tout en imposant une condition de transformation locale à sa stratégie de minerais critiques. Sélectionné pour un programme mondial d’un milliard de dollars destiné aux secteurs difficiles à décarboner, le pays insiste pour que lithium et terres rares soient transformés sur place plutôt qu’exportés uniquement à l’état brut. Le test commercial sera de financer des capacités de conversion à ces conditions, pas seulement l’extraction.

Le Maroc et l’Angola illustrent deux autres canaux de capitaux. L’opérateur hospitalier marocain AKDITAL ouvre 15 % de sa holding internationale au saoudien Arab Invest, tandis que Saham Bank a lancé un programme de transformation de 500 millions de dirhams. L’Angola s’approche d’une inflation à un chiffre et a commencé à réduire ses taux, alors que le corridor de Lobito le maintient au centre de la logistique du cuivre et du cobalt congolais et zambien. Les récents échanges navals américano-angolais n’ont débouché sur aucun achat ou accord d’équipement signé.

Le Burkina Faso offre le contrepoint budgétaire. Son gouvernement a prévu 117 milliards de francs CFA, environ 190 millions de dollars, pour un mémorial à Thomas Sankara, président assassiné en 1987 et associé à l’autosuffisance et à l’austérité. La dépense dépasse donc le projet culturel : pour une administration militaire invoquant son héritage, elle constitue aussi un choix majeur de finances publiques et une revendication de légitimité.

Le fil conducteur n’est pas un cycle d’investissement continental unique, mais des tentatives de décider ce qui sera coté, financé, transformé ou conservé localement. Les prochaines preuves seront précises : calendrier et structure de l’offre NNPC, 9 milliards de rands supplémentaires pour SA-H2, usines namibiennes bancables, exécution des opérations marocaines et comptabilité publique du mémorial burkinabè. D’ici là, les chiffres mesurent davantage ambition et positions de négociation qu’une transformation achevée.